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Guillaume

Passionné de trail et de data

J’explore la science, les données et mon expérience terrain pour mieux comprendre comment progresser en trail et en course à pied.

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Mon deuxième trail de 2026 : entre ambition et incertitude

Après un premier DNF sur le TDC by UTMB, place à mon principal objectif de 2026 : le Tour des Glaciers de la Vanoise, 73 km et 3 800 m de D+. Entre préparation perturbée par un TFL, bloc choc en montagne et problèmes digestifs, retour sur une course riche en enseignements.

Après la déception du Trail des Celtes Alsace by UTMB, j’ai assez rapidement réussi à rebondir et à me tourner vers le prochain objectif : le Tour des Glaciers de la Vanoise (TGV) format 73 km.

C’était la course la plus importante de mon année. Mon premier vrai trail en montagne dans une région où je partais souvent au ski quand j’étais plus jeune. Le cadre était donc idéal même si le défi était d’une tout autre ampleur : 73 km et environ 3 800 m de D+ soit la plus longue distance sur laquelle je m’étais lancé jusque-là.

Autre contrainte, je n’avais que 8 semaines entre le TDC et le TGV. Le temps de récupérer puis de repartir sur un nouveau cycle. Il fallait rapidement augmenter le volume et le dénivelé tout en tenant compte d’un début de préparation plus compliqué que prévu. 😔

MES CONSEILS
Préparer le TGV 73km
  • Refuge de la vanoise : Entraine toi simplement à accumuler du dénivelé. C’est une longue montée dès le début, mais avec un bon entrainement elle passe tout seul.
  • Refuge de l’Arpont : Cette portion est plus roulante, mais il y a quelques descentes plus techniques. Attention au pierrier juste après le Blockhaus. Il y a également certains passages que j’ai trouvé un peu aérien (bord du vide) mais ce n’est pas dangereux.
  • Refuge de Plan Sec : Il y a 2 montées entre le km 24 et 28. Prépare toi car je trouve qu’elles font plus mal que la première montée jusqu’au refuge de la Vanoise. Elles ne sont pas longues mais peuvent vraiment casser le rythme. Entre le km 28 et le refuge, il y a beaucoup de faux plat montant. Pour ne pas perdre trop de temps, il faut que tu sois capable de courir en permanence.
  • Refuge de l’Orgère : Je n’ai malheureusement pas pu reconnaitre cette partie de la course.
  • Refuge de Péclet Polset : Idem.
  • Pralognan retour: Lors de ma reconnaissance du parcours j’ai trouvé que cette descente est traitre ! Il y a 16km de descente, elle est roulante sans aucune contrainte technique. Il faut absolument pouvoir à minima courir les 16km sinon c’est là que tu vas perdre le plus de temps. Si tu es bien préparé et que tu arrives à en remettre, tu vas gagner du temps.
UNE SÉANCE CLÉ
Une séance clé de mon point de vue pour préparer cette course
(adapte-la à ton niveau !)

Up&Down : 1200m de D+ : Une côte de 80m de D+ / 30% de moyenne à répéter 15 fois.

Longue descente : Aller en montagne pour accumuler des descentes de 1000-1500m de D- d’un coup est pour moi primordial également.

Un début compliqué

Cette deuxième partie de saison était davantage axée sur le volume et le dénivelé avec moins de séances d’intensité. Je voulais tout de même conserver quelques séances pour conserver les adaptations.

Après cinq jours de récupération post-TDC, j’ai progressivement repris les jogs d’une heure à 1h15, avec une séance de 2 × 15 min au tempo pour remettre les jambes en route.

Mais lors de ma première sortie longue le 30 mai 2026, une forte douleur est apparue sur la face externe du genou droit principalement dans les descentes. J’avais même la sensation que ma jambe allait lâcher. J’étais super inquiet ! 😥

Les symptômes faisaient penser à un TFL, aussi appelé syndrome de l’essuie-glace. J’avais quand même consulté ma médecin du sport pour écarter d’autres causes potentielles. Les principaux red flag avaient été écartés et elle penchait également pour cette hypothèse, sans pouvoir la confirmer à 100 %. Le test de Noble était négatif, mais cela ne permet pas à lui seul d’exclure un problème lié à la bandelette.

Avec le coach, nous avons donc adapté les séances. L’objectif était d’arriver le plus frais possible au week-end du 14 juin, prévu comme le gros bloc choc de la préparation. Pour limiter les douleurs, nous avons privilégié les parcours instables et les enchaînements de montées et descentes sur pente raide, en faisant varier la cadence et la foulée.

J’arrivais à courir 1h15 sans douleur avec des ratios proches de 10 km pour 500 m de D+. J’ai ensuite réalisé un up&down d’1h30 pour environ 10 km et 1 000 m de D+, puis une sortie de 2h30 en endurance avec 15 km et 1 100 m de D+.

Ce n’était pas la préparation idéale pour développer de nouvelles qualités, mais cela me permettait de continuer à m’entraîner malgré la situation. J’ai également mis en place environ 15 minutes de renforcement des muscles stabilisateurs de la hanche et des fessiers avant chaque séance. Je n’avais plus d’abonnement à la salle, donc j’avais fait avec les moyens du bord chez moi.

Le plus gros volume de ma vie

Le week-end du 14 juin, j’avais prévu un gros bloc choc à Pralognan-la-Vanoise directement sur le parcours du TGV. C’était une première pour moi : mes premières vraies sorties trail en montagne et ma découverte de la montagne en été. 🤩

Avec le coach, l’objectif était d’accumuler un gros volume sur trois jours en essayant de reproduire la distance et le dénivelé de la course.

Le programme initial prévoyait environ 28 km et 1 600 m de D+ le vendredi, 35 km et 2 000 m de D+ le samedi, puis un kilomètre vertical le dimanche.

Malgré une saison particulièrement sèche, il restait encore pas mal de neige vers le refuge de la Vanoise et le col de Chavière. N’étant pas habitué aux névés, je ne voulais pas prendre de risques sur des passages que je ne maîtrisais pas et j’ai donc dû adapter les parcours.

Vendredi : j’ai reconnu la montée jusqu’au col de la Vanoise avant de redescendre et de poursuivre jusqu’aux Prioux. Au total : 21 km / 1 500 m de D+ en 3h15.

Photo : Refuge des Barmettes

Samedi : je suis parti des Prioux en direction du refuge de Péclet-Polset. J’ai traversé mes premiers névés, pas particulièrement dangereux, mais je dois avouer que je n’étais pas très à l’aise ! J’ai ensuite fait demi-tour avant d’enchaîner deux montées de Montaimont par le cirque des Nants. Et franchement cet endroit est magnifique !! Bilan du second jour : 35 km / 2 000 m de D+ en 5h.

La douleur au TFL s’est réveillée en fin de sortie ce qui m’a fait douter pour le lendemain. Mais je me suis dit que j’adapterai la sortie en fonction de mes sensations.

Photo : Vallée de chavière depuis refuge de Péclet-Polset

Dimanche : pour limiter les contraintes sur le genou, j’ai privilégié les montées et effectué les descentes en télésiège. J’ai finalement réalisé 12 km / 1 700 m de D+ en 2h30.

La première montée s’est bien passée. J’avais encore de l’énergie et j’étais même étonné de me sentir aussi bien. Les suivantes ont été beaucoup plus difficiles, avec un cardio qui montait moins facilement et des fessiers qui commençaient à être complètement cuits.

Photo : Descente depuis le refuge des Barmettes vers Pralognan

Au final, ce week-end représentait 10h45 d’entraînement, environ 70 km et 5 200 m de D+. C’était la plus grosse charge que j’avais réalisée jusque-là, avec une charge Foster d’environ 3 700 UA. 💪

Malgré le TFL toujours présent, j’étais super content de ce bloc choc. J’avais accumulé un gros volume, découvert les sentiers de montagne et couru dans des paysages magnifiques. J’ai surtout découvert à quel point j’aimais ce type de terrain !

Il ne restait alors plus que trois semaines pour récupérer et arriver le plus frais possible au départ. ⛰️

Durée par semaine
Dénivelé par semaine

Le tour des glaciers de la Vanoise : place à la course

Le parcours, la stratégie et l’objectif 🏆

Le parcours faisait 73 km pour 3 800 m de D+. Les conditions s’annonçaient plutôt bonne, avec des températures douces voir chaudes en journée et peu de neige.

Une grande partie du parcours se situait entre 2 300 et 2 500 m d’altitude, un environnement très différent de celui dans lequel je m’entraîne d’habitude.

La course commençait directement par une grosse montée, un KV sur les huit premiers kilomètres jusqu’au refuge de la Vanoise. La suite était plus roulante jusqu’au refuge de l’Arpont, autour du km 22, mais plusieurs montées raides venaient casser le rythme. Après une succession de montées et de descentes en direction du refuge de l’Orgère, il fallait encore affronter la dernière grosse difficulté : le col de Chavière => point culminant du parcours à environ 2 800 m d’altitude. Et pour terminer, 16 km de descente jusqu’à Pralognan. Aïe les jambes ! 🦵

Autre particularité : plus de la moitié du D+ était concentrée sur seulement deux montées. Autant dire que le ratio distance/dénivelé donnait rapidement une idée de ce qui m’attendait.

Je visais un chrono entre 10h et 10h30. Pour cette première longue distance en montagne, l’objectif restait volontairement large. Avec le coach, nous nous étions notamment basés sur les temps réalisés pendant les reconnaissances et le week-end choc.

Après les problèmes digestifs du TDC, j’ai choisi une stratégie nutritionnelle plus prudente. Je partais sur 67 g de glucides par heure avec la possibilité d’ajouter un gel pour monter vers 90 g/h si tout se passait bien.

Pour simplifier la logistique, j’avais préparé plusieurs flasques vides avec la poudre déjà dosée. Il ne restait plus qu’à les remplir d’eau aux ravitaillements. Une assistance perso était également prévue au refuge de Plan Sec, à mi-course.

Côté chaussures, j’avais initialement prévu les Scarpa Spin Ultra 2. Mais comme je n’avais pas pu beaucoup les utiliser à l’entraînement notamment par peur de réveiller mon TFL, j’ai préféré jouer la sécurité avec mes Salomon Genesis qui sont mes daily trainer. Je les connaissais bien et je savais que j’étais à l’aise avec.

Ma paire de S/LAB Genesis avait déjà trop de km pour les utiliser sur cette course.

Le départ 🏁

Le départ est donné à Pralognan-la-Vanoise à 4 h du matin. Le temps de prendre le petit déjeuner et de se préparer, le réveil était aux alentours de 2 h du matin. Autant vous dire que je n’avais presque pas dormi ! 😴

Il n’y avait pas de SAS différents au départ et j’étais placé en deuxième ou troisième ligne, car je voulais éviter les petits bouchons du début de course, même si les chemins du départ étaient plutôt larges.

Malheureusement, je sens dès le début que j’ai mal au ventre. Le petit déjeuner était bien passé, mais j’étais en train de revivre exactement la même chose qu’au TDC, mais cette fois-ci avant même de démarrer la course sur la ligne de départ. Je suis resté concentré sur mon objectif et j’essayais de me dire que ce n’était pas grave. J’allais faire avec et j’adapterais ma stratégie nutrition en cours de route. 😟

La première montée se passe bien, même si j’ai des sensations un peu poussives. J’avais très peu dormi donc je n’étais pas inquiet et je me disais que le corps allait se réveiller avec les premières lueurs du soleil.
Je rejoins le refuge de la Vanoise, premier ravitaillement, dans les temps en 1 h 17 à la 25e place. J’ai seulement quelques minutes de retard sur mon temps prévu de 1 h 15, mais à ce niveau-là c’était voulu et totalement contrôlé. L’idée était de faire un départ prudent pour garder une fréquence cardiaque maîtrisée juste au-dessus de mon allure tempo.

J’avais un peu mal au ventre, mais pour le moment ça ne m’empêchait pas de boire ma boisson d’effort. J’avais un peu de retard sur mon objectif d’une flasque par heure, mais rien de dramatique.
La portion suivante était plus roulante dans le col de la Vanoise. Avec le lever du soleil, c’était vraiment magnifique ! ☀️

Après le Blockhaus au km12, il y a un pierrier. Il est assez difficile pour moi d’avancer dedans, donc je suis resté concentré à 100 %. Ce n’était clairement pas le moment de tomber ou de se faire une cheville. Heureusement, il était assez court et j’ai pu passer sans problème.

Certaines descentes vers le refuge de l’Arpont étaient de mon point de vue assez techniques. Je précise bien : de mon point de vue de personne qui fait du trail en plaine !

Je suis resté super concentré mais je n’étais pas vraiment à l’aise. Je n’hésitais pas à laisser passer des gens pour ne pas les bloquer et surtout pour ne pas me mettre dans des situations où je pourrais pousser au-delà de ce que je suis capable de contrôler et risquer la chute. Surtout qu’il reste encore beaucoup de kilomètres derrière !

Le ventre n’allait pas bien, c’était de pire en pire. Je commençais à ne plus réussir à m’alimenter et ça devenait difficile. Aussi tôt dans la course, ça ne sentait pas bon. Mais j’ai décidé de ne pas m’écouter et cette fois-ci, de forcer un peu. Je me disais que c’était peut-être simplement un mauvais passage et que ça allait finir par passer.

J’arrive au refuge de l’Arpont avec 10 minutes de retard sur mon temps cible. Jusque-là, rien d’inquiétant. J’avais volontairement préféré ne pas trop donner dans les descentes et les portions techniques. Je décide de prendre une flask d’eau plutôt que de la boisson d’effort, pour continuer à réussir à boire quelque chose et à m’hydrater.

À partir de là, ça a été un vrai cauchemar.

Je ne pouvais plus rien boire ni manger. J’avais des nausées et mal au ventre. J’ai continué, mais j’avais de moins en moins d’énergie. Au 27e kilomètre, dans une montée, je commence à vraiment me sentir mal : tête qui tourne, jambes faibles, nausées, coup de chaud… 😵

Sur le moment, je ne comprends pas vraiment ce qui se passe. Je suis obligé de m’arrêter sur le côté. Une assistance médicale n’était pas loin et ils ont pu me contrôler. Sur le moment, ils ont pensé à un début de malaise et voulaient me faire rapatrier en hélicoptère, mais pour moi il n’en était pas question, j’avais limite honte !

Je me suis mis dans cette merde tout seul, je me débrouille pour en sortir tout seul. Il faut aussi savoir assumer ses choix dans la vie.
Je leur ai dit que je voulais continuer en marchant, même s’il me restait encore environ 10 km jusqu’au prochain ravitaillement.
Après être resté assis pendant environ 30 minutes, j’ai commencé à me sentir mieux. Je pouvais remarcher, mais je ne pouvais toujours rien boire ni manger. Même l’eau me faisait vraiment mal au ventre.

Les secouristes ont été vraiment super sympas avec moi et je les remercie encore. Ils ont marché un peu avec moi pour s’assurer que j’allais bien et on a pu discuter un peu. J’arrive finalement au refuge de Plan Sec dans un état assez pitoyable, avec beaucoup, beaucoup de retard.

Mon objectif était alors de rester au ravitaillement le plus longtemps possible pour essayer de m’alimenter et faire repartir le système digestif. L’avantage, c’est que j’avais énormément d’avance sur la barrière horaire. Je savais que la performance ne serait plus là, mais ce n’était pas grave. Après 30 à 45 minutes au ravitaillement, rien ne s’améliore. Il m’est toujours impossible de boire, même de l’eau.

Pour moi, ce n’était pas envisageable de repartir en altitude et de faire le col de Chavière en plein soleil au milieu de la journée, à 2 800 m d’altitude, sans pouvoir boire pendant plusieurs heures.

Je prends donc la difficile décision de m’arrêter et de rendre mon dossard... 😞

Refuge de Plan Sec

L’après-course

Est-ce que je regrette d’avoir DNF ? Oui.

Mais avec du recul, je pense que d’un point de vue sécurité et compte tenu du début de malaise que j’avais eu quelques kilomètres auparavant, c’était probablement la meilleure solution. Je n’avais pas encore assez d’expérience et les billes pour prendre la décision de continuer.

Je ne pense pas qu’on ait raté quelque chose avec le coach, mais je suis quand même forcé de constater que ma stratégie nutritionnelle ne fonctionne pas vraiment.

Pourtant, je l’avais déjà testée à l’entraînement sur des sorties de 5 h, notamment en altitude lors de mon week-end choc à Pralognan mi-juin. Ce qui me laisse penser que l’altitude n’était pas également le problème principal.

Le plus frustrant dans tout ça était d’avoir encore les jambes fraîches. Le lendemain de la course, je n’avais presque pas de courbatures ! Bon, logique après seulement 38 km au lieu des 73 km prévus…

Mais il faut aussi voir le positif. Ça veut dire que physiquement, je n’étais pas à la rue et que mon objectif était probablement cohérent avec mes capacités musculaires, du moins sur cette partie-là !

Maintenant, il me restait une semaine pour profiter de la montagne et de ma famille, récupérer et repartir vers mon dernier objectif de l’année : l’Infernal Trail des Vosges.

Infernal trail des Vosges
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